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Nouvelles exigences pour les agences urbaines. Fini le temps où ces dernières jouaient le rôle de gendarme et de contrôle uniquement. Avec les nouvelles orientations royales prônant un développement territorial intégré et durable et contenues dans le discours du Trône, ces institutions sont appelées à jouer un rôle déterminant dans la nouvelle politique territoriale. «Il faut sortir de l'approche empirique et réaliser de petits projets que le simple citoyen peut constater», nous a confié Ahmed Taoufiq Hejira, ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'aménagement de l'Espace, à l'occasion de la rencontre nationale des agences urbaines organisées les 13 et 14 novembre à Essaouira.
Déjà, dans son intervention, il a incité les agences urbaines à intégrer l'approche développement territorial intégré et durable dans leurs actions quotidiennes. «Il faut commencer par des actions simples et concrètes», a-t-il insisté. Il a cité en l'occurrence l'intégration du développement durable dans la conception et la mise en œuvre des documents d'urbanisme à partir de 2010, l'élaboration de plans verts par localité, de chartes paysagères et d'espaces naturels sensibles, la réhabilitation des ksours et qasbahs ainsi que la mise à niveau des parcs et jardins existants et qui sont souvent dans un état délabré.
Le ministre a également exhorté les agences urbaines à assurer le suivi de la réalisation de l'aménagement des espaces verts dans les lotissements et les programmes immobiliers autorisés (un contrôle à posteriori s'impose donc), à généraliser le principe «un ménage un arbre», sachant qu'un arbre de 3m ne coûte que 70 DH. In fine, la cinquième action consiste à faire des villes nouvelles des espaces d'innovation dans les énergies propres et le développement durable. En d'autres mots, une nouvelle feuille de route se dessine pour les agences urbaines dont les nouvelles générations verront le jour en 2010.
En effet, ces structures doivent ainsi devenir un espace de débat, une force de proposition et un moteur de développement durable. Et ce n'est pas tout, elles doivent servir de grand bureau d'études publics au service du développement local, a précisé le ministre.
Les agences urbaines sont également appelées à un jouer un rôle important dans la préparation d'une charte nationale de l'environnement et du développement durable pour 2010… autant de nouvelles exigences auxquelles ces structures doivent faire face. Rappelons aussi que d'ici fin 2009, 16 contrats doivent être signés entre le département de l'Habitat et les agences urbaines. Pour l'heure, le constat est préoccupant.
Malgré les efforts effectués, la situation reste critique. Et pour cause: le processus d'urbanisation s'accomplit dans un contexte marqué par un déficit à combler, d'où l'appel insistant, cette fois, pour consolider le processus de gouvernance locale. Cette rencontre, organisée sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi, a été ainsi l'occasion idéale pour appréhender la question des acteurs du développement territorial, débattre des interdépendances entre les territoires urbains et ruraux et étudier les modes et outils de gouvernance pour un développement territorial intégré et durable.
De l'avis des participants et des experts tant nationaux qu'étrangers qui ont pris part à cette rencontre nationale, une synergie doit être créée pour réussir ce défi. L'implication de tous les intervenants locaux est également une donne importante dans le succès de ce chantier. Certes une stratégie de développement territorial intégrée et durable n'est pas pour demain, mais il suffit de commencer sérieusement à travailler dès maintenant et à programmer des actions concrètes au lieu de rester dans la théorie et se limiter à organiser des séminaires et des réunions de brainstorming uniquement.
Le plaidoyer d'Azoulay
En marge de cette rencontre, une réunion dédiée au développement territorial d'Essaouira a eu lieu le 13 novembre et qui a réuni d'une part André Azoulay, Conseiller de Sa Majesté le Roi, le gouverneur de la ville, le président du conseil municipal ainsi que des élus et d'autre part, le ministre de l'Habitat, le Secrétaire d'Etat chargé du développement territorial, Abdessalam Mesbahi, le président du holding Al Omrane, Najib Laaraichi Bedoui, la directrice de l'Agence Urbaine d'Essaouira, le PDG de la CGI et d'autres responsables.
Le message de André Azoulay était clair : «notre ville a été trop longtemps oubliée. Merci de faire en sorte que des mesures concrètes soient élaborées à la fin de cette rencontre, qui toucheront bien sûr tout le Royaume et Essaouira également». Et d'ajouter : «Essaouira doit rester ce qu'elle est tout en avançant». Il a également tenu à rappeler que la ville a eu son plan d'aménagement bien avant New York, notamment au 18ème siècle du temps du règne de Mohammed Benabdellah qui a sollicité les meilleurs architectes et ingénieurs marocains dont Ahmed El Alj qui a conçu les fortifications maritimes ainsi que d'autres spécialistes étrangers Même son de cloche chez Nabil Kharoubi, gouverneur d'Essaouira qui a aussi insisté sur le fait que la ville doit bénéficier d'actions réelles et efficaces en matière de développement territorial. De son côté, le président du Conseil municipal a relevé que l'urbanisation dans la ville est anarchique.
En dehors des logements sociaux, l'offre à Essaouira est très réduite. Certes un premier projet d'Al Omrane Marrakech a été lancé récemment, mais cela reste insuffisant.
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